" Le séducteur voit la vie d’un œil de conquérant. Pour lui, chaque personne est un château-fort devant lequel il met le siège.
La séduction est un processus de pénétration : elle commence par l’infiltration de l’esprit, qui est la première ligne de défense. Une fois le séducteur dans la place, il met en branle l’imagination de sa proie dont il lui est alors facile d’affaiblir la résistance, jusqu'à l’abandon physique. Et le séducteur n’improvise pas : il ne laisse rien au hasard. En bon stratège, il met au point une approche élaborée en fonction des faiblesses de sa proie.
Le principal obstacle au développement des talents de séducteurs est le préjugé stupide selon lequel l'amour et l'aventure seraient un domaine sacré, magique, où les choses arriveraient d'elles-mêmes sur la seule injonction du destin. Cette attitude, d'un romantisme désuet, n'est en réalité, que l'alibi de la paresse. Ce qui séduit l'autre, ce sont les efforts qu'on fait pour le conquérir, les preuves d'intérêt qu'on lui manifeste, l'importance et la valeur qu'on lui accorde. S'en remettre au hasard conduit à la catastrophe et dévoile qu'on ne prend pas l'amour très au sérieux. Casanova, lui dépensait pour ses conquêtes un talent et une énergie qui le rendaient totalement irrésistible. "
Robert Greene, extrait de l'Avant-propos de L'ART DE LA SÉDUCTION.










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